Un jour, Vincent BREED m’a parlé de son projet de sculpture « Au placard ». Rieur et charmeur, comme à son habitude, il m’a dit : « C’est des poumons en verre dans des cercueils! Le papa et le fiston. » Cette œuvre, conçue pour une exposition sur l’Ile de Murano, était accompagnée de tout un speech critique à l’égard du siège historique de l’art verrier. Je n’étais pas bien convaincu et me suis dit que les organisateurs allaient apprécier.

Et j’ai vu la photo de l’œuvre. Et je suis retourné, plusieurs fois, sur son site pour la revoir.

Pourquoi? Parce que c’est une œuvre riche et complète.

C’est une œuvre qui existe d’elle même, sans concept réducteur et auteur égocentrique. Une œuvre qui, sur un registre esthétique, intellectuel ou émotif, peut parler à tous. Cette sculpture peut-être :

- Deux bijoux précieux enterrés dans leur écrin.

- Une allégorie du souffle de vie.

- Le symbole de la seule véritable transmission assurée par la filiation.

- Un hommage à l’outil oublié mais essentiel du souffleur de verre.

- La mort d’un art et de sa descendance.

- …

C’est une œuvre multiple, riche. Elle n’est qu’un reflet de la personnalité de son auteur. Un souffleur de verre, tout aussi bien, artisan simple que designer mondain et artiste attachant.

Bref, vous aurez compris que j’apprécie Vincent BREED, l’homme et son travail. Et « Au placard » est à mes yeux, une de ses œuvres les plus riches.

Vincent BREED, à suivre!

Auteur : Yvon LUNEAU